Recadrage intelligent : comment Snip choisit où regarder
Une source 16:9 passée en vertical, c'est deux tiers de la largeur à jeter. Sept extraits, recomposés en direct dans votre navigateur, pour voir ce que Snip reconnaît plan par plan, comment le cadre suit les visages, ce qu'il refuse de décider, et comment reprendre un passage à la main.
Mehdi Seddik17 août 20269 min de lectureSept plans, sept réponses
Chaque onglet est un vrai extrait, avec le plan que le sidecar de production a calculé dessus. La verticale de droite n'est pas une vidéo : elle est composée dans votre navigateur, image par image, par la fonction qui grave l'export. Basculez sur « cadrage centré » pour voir la réponse paresseuse sur le même extrait.
Deux tiers de l'image à jeter
Une source 16:9 fait 1920 pixels de large, un clip vertical en fait 1080. Le recadrage ne rétrécit pas l'image : il choisit une fenêtre dedans, et tout ce qui tombe en dehors disparaît. Sur un plateau à trois, cette fenêtre décide de qui reste dans le clip.
Le travail se fait donc en deux temps, et le second est le plus intéressant : décider quoi montrer, puis fabriquer un mouvement de caméra qui tienne la route. Snip découpe le clip en plans, décide une disposition sur chacun, et résout un chemin de caméra sur toute sa durée.
Le cadre suit, sans trembler
C'est le premier critère, et le seul qui se voit sans rien mesurer : si le visage se déplace à l'intérieur du cadre, le cadrage est raté même sans un seul tremblement.
Sur les clips de mesure, le cadre suit 81 à 87 % de l'amplitude du visage, avec un écart médian de 0,011 à 0,074 hauteur de visage entre les deux centres. Sur un plateau filmé, cela fait 0,015 hauteur de visage, soit 6 pixels sur un visage qui en fait 400.
Les 13 à 19 % non suivis ne sont pas un défaut, c'est l'amortissement : un opérateur ne rend pas chaque hochement de tête. La chaîne qui produit ce compromis tient en quatre étages.
- Détecter, puis coudreLes visages sont détectés image après image, puis recousus en pistes stables : une piste, une personne, sur toute la durée du plan. Deux fragments qui se recouvrent au même instant sont la même tête, jamais deux voisins de canapé.
- Lisser la cibleUn filtre de Kalman rend une cible continue, avec une vitesse qui a un sens. Il enjambe les trous courts de détection, et gèle le cadre au lieu de dériver quand le trou dure.
- Poser un chemin de caméraUn programme linéaire transforme cette cible en trajectoire posée par morceaux : des plateaux tenus et des mouvements francs, plutôt qu'un flottement permanent.
- Contenir, plafonner, anticiperLe visage mesuré doit rester dans la fenêtre, front et menton compris. La vitesse est plafonnée à environ une seconde pour traverser la moitié de l'image, et la contrainte mord un tiers de seconde à l'avance pour que le mouvement s'étale au lieu de partir en fouetté.
Deux cas ne sont pas des mouvements et ne doivent pas en devenir : un changement d'interlocuteur, et un saut de sujet sur la même caméra. Laisser le solveur relier les deux positions produit un déplacement de 1 160 pixels étalé sur quatre images, soit 67 millisecondes : ce n'est ni une coupe franche ni un panoramique lisible, c'est un filé. Entre deux interlocuteurs, un monteur coupe, il ne balaie pas la pièce. Ces instants sont donc traités comme des coupes, et les deux morceaux sont résolus séparément.
« En cas de doute, un cadrage simple et stable vaut toujours mieux qu'un cadrage malin et faux. »
Ce qu'il reconnaît, plan par plan
La disposition est décidée sur chaque plan, jamais une fois pour tout le clip. Le nombre de personnes cadrables décide de la forme, et une incrustation mesurée change la réponse.
Une bascule d'interlocuteur en écran scindé n'existe pas : les deux personnes restent visibles en permanence. Le signal de bouche est mesuré et reporté dans les métadonnées, il ne décide pas du cadrage. Sans le son, rien ne permet de vérifier que le visage qui gagne est celui qui parle.
Garder le plan entier est une décision
Quand aucune disposition n'est sûre, le plan entier est conservé. Ce n'est pas un aveu : sur un paysage, un terrain de football, une scène de concert, un 9:16 centré jette deux tiers de la largeur pour cadrer sur ce qui se trouvait au milieu. Le cadre du réalisateur vaut mieux qu'un recadrage qui se prétend une décision.
Restent les deux bandes libres, un tiers de la sortie. Elles ont été noires, puis colorées d'un halo. C'est aujourd'hui la scène elle-même, recadrée pour remplir le vertical, floutée et assombrie, avec le panneau net posé dessus : le fond bouge donc avec l'image au lieu de tenir une couleur, et la bordure ne se voit plus.
Le flou n'est jamais calculé en pleine résolution. La source est réduite à un tampon de 120 pixels de haut, floutée là, puis réétirée : le coût passe de 430 millisecondes par image à 0,44.
Ce qu'il ne décide pas
La plupart des limites ne sont pas des ratés : ce sont des refus assumés. Le résultat est presque toujours le même, le plan entier, mais la raison change.
Une décision est également récusée après coup : l'analyse tourne sur une image réduite, et une contre-épreuve à pleine résolution jette les détections qu'elle a fabriquées. Le premier cas rencontré en production était un mur de bois scindé en deux pendant douze secondes.
Reprendre la main, par tronçon
Le recadrage n'est pas un interrupteur posé avant la génération, et ce n'est pas un oubli : trancher avant d'avoir vu le résultat demande de deviner. Ce qui se répare, c'est un clip déjà fabriqué, sous les yeux.
L'onglet Cadrage de l'éditeur ne montre pas le clip recadré : il montre la source entière, avec par-dessus la fenêtre retenue à l'instant lu, et l'aperçu vertical à côté. On voit donc l'écart entre ce que la caméra a filmé et ce que le clip garde. Le bloc ci-dessous en est le geste, sur une image fixe.
glissez le cadre, la molette resserre- Choisissez le mode sur la ligneTrois choix par tronçon : laissé à l'IA, un cadre, ou deux cadres empilés. Le vocabulaire manuel est volontairement plus petit que celui du cadrage automatique.
- Placez la fenêtreGlissez le cadre sur la source, la molette le resserre, jusqu'au quart de la hauteur source. Il ne peut pas sortir de l'image, et son rapport est imposé par sa destination.
- Recoupez si la borne tombe malScinder coupe à la tête de lecture, y compris au milieu d'un plan détecté. Fusionner rend le tronçon à son voisin de gauche, en gardant le cadrage de celui-ci.
- EnregistrezUn seul rendu, pour ce clip. Les tronçons restés en IA gardent le cadrage calculé ; annuler remet le plan d'origine.
Seuls les tronçons repris partent au worker. En pratique, une ou deux scènes suffisent, et ce sont presque toujours les mêmes : la démonstration à l'écran, l'objet montré à la main, le plan large où l'on préférait voir un visage.
Questions fréquentes
Je peux corriger un cadrage que je n'aime pas ?
Oui, tronçon par tronçon, dans l'éditeur. Le clip est pré-coupé sur les plans détectés ; chaque tronçon se laisse à l'IA ou se reprend à la main avec un cadre ou deux, et se scinde n'importe où. Seuls les tronçons repris repartent en fabrication.Ça marche sur du gameplay ?
Oui, à condition qu'il y ait une facecam : c'est elle qui est mesurée sur l'image, et c'est elle qui décide de la disposition. Un gameplay sans webcam sort en plan entier, ce qui est le bon résultat.Et si ma vidéo est déjà verticale ?
Rien n'est recadré. Un 9:16 ou un carré n'a pas de largeur à jeter, et lui en prendre serait destructif.Le cadre bouge pendant tout le clip ?
Il bouge quand le sujet bouge, et il tient sa place le reste du temps. Le chemin de caméra est posé par morceaux : des plateaux tenus et des mouvements francs, jamais un flottement permanent.Je peux désactiver le recadrage automatique ?
Il n'y a pas d'interrupteur avant la génération, et c'est délibéré : il demanderait de trancher sans avoir vu le résultat. Ce qui se règle se règle après, sur un clip qu'on a devant les yeux.60 minutes de vidéo par mois, sans carte bancaire
Le recadrage, les sous-titres et l'éditeur sont dans l'offre gratuite. La seule façon de savoir ce que ça donne sur vos plans, c'est de lui en donner un.
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